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Doctoriales CAPS 2026: What Connects Us? – Jour 3 « Faire du lien »

Mais qu’est-ce qui nous lie donc, au final ? Cette question qui aura tissée, en filigrane, la toile de fond de nos échanges continue encore de résonner comme une suite d’échos dans les couloirs pavés de la Roche du Theil. Un gobelet de café, une pelote de laine, un tasseau de bois, une ficelle sur une carte, une fleur glanée dans le parc… Ces liens multiformes, visibles ou non, les traces qu’on laisse, les connexions qui restent sont à nouveau au cœur de cette ultime journée de Doctoriales. 


L’atelier « Kyrielle: enquête sur les causes et leurs effets » de Manon Quemener

Que j’aurais aimé pouvoir vous décrire plus en détails l’atelier de Manon Quemener (PTAC) mais ma mémoire s’est laissée emporter par la kyrielle, ce joli mot à l’étrange « k » suivi d’un « y » d’autant plus incongru et amenant avec lui son flot si ininterrompu que j’en ai perdu le fil…

Une grande feuille de papier se tient devant nous, j’entends au loin le bruit des marqueurs qui se laissent aller à une série d’idées, presque automatiques, qui s’entrechoquent dans une écoute volontairement distraite, consigne que j’ai visiblement prise au pied de la lettre. Le temps, lui aussi, file à toute allure et comme sorties d’une méditation se lèvent une à une les feuilles du groupe : des mots à l’envers, à l’endroit, en spirale, des images, des questions et des souvenirs : nos liens de toutes sortes réapparaissent sur le papier. 

L’atelier « L’art pour et par la sociologie » de Guillaume Negri 

Guillaume Negri (ARENES) nous propose ensuite d’une voix retentissante un exercice de décloisonnement par l’imagination et la mise en pratique, en groupes : partir d’un problème sociologique, l’interroger ensuite au moyen d’un dispositif d’enquête par la création artistique, dont les résultats seront enfin analysés par des outils sociologiques.

Nourris par l’interdisciplinarité et les multiples approches du groupe, les dispositifs mis en place nous ont amené à questionner les frontières, presque invisibles, entre recherche et création, entre les outils théoriques et les pratiques artistiques, la littérature et l’expérience de la réalité. Passant tour à tour de la posture d’enquêteur•ice•s à enquêté•e•s dans les différentes expériences de groupes, ces enquêtes créatives ont fait remonter des bouillonnements parfois intimes et ont permis d’ouvrir en grand les espaces de paroles et de réflexion. 

La conférence interactive « cultures proches : poésie de terrain » de Marion Renauld 

L’artiste-auteure et docteure en philosophie Marion Renauld nous a enfin plongé.es dans l’immensité textuelle de son œuvre, toujours en mouvement, mais traversée par les fils rouges de la spontanéité, de l’éphémère, de la matérialité et du rapport à l’espace public. Peu importe le format, le support ou le terrain que l’artiste choisit pour poser sa machine à écrire : Marion Renauld met la poésie en mouvement et travaille « avec, pour et par les rencontres ».

Que ce soit à travers les actions collectives menées avec les habitant•e•s de Chamiers dans le cadre de la résidence « Cultures Proches » de la Compagnie Ouïe Dire, ou le placard et les murs de notre salle de conférence à la Roche du Theil, Marion Renauld créé sur place une multitude d’objets uniques qui incarnent, ne serait-ce qu’un temps, les empreintes poétiques que le « nous » laisse au sein d’espaces habités par les rencontres. Un échange fascinant d’une pratique artistique de terrain, hors des conventions, publique, instantanée et réellement inspirante. 


Qu’est-ce qui nous lie donc, au final ? Peut-être qu’on aura rapporté plus de questions que de réponses dans nos bagages, peut-être des révélations viendront-elles à notre retour, ou peut-être encore un peu plus tard. Peut-être sommes-nous toustes relié•e•s lorsqu’on continue de se poser ensemble la question ? 

Doctoriales CAPS 2026 : What connects us? – Jour 2 “Cartographie, posture de recherche, chemin emprunté”

Un cadavre exquis collectif en œuvre aux Doctoriales

Le deuxième jour des Doctoriales se leva dans une calme effervescence, au rythme du chant des mésanges, rouges-gorges et geais des chênes. Le bruit du gravier bruissait sous les pas d’un ou deux pionniers lève-tôt, et l’odeur du thé noir était de bonne augure. Car cette deuxième journée allait s’avérer riche et surprenante.

L’enthousiasme de se retrouver entre doctorant.es et de travailler ensemble était palpable. Venant de divers laboratoires et disciplines, nous n’avons pas les mêmes terrains de recherche ni n’habitons toustes à Rennes. En ce sens, l’un des buts des Doctoriales était, à mon avis, déjà accompli : favoriser la croissance de liens entre nous, la résonance entre nos enjeux de recherche.

L’Atelier Cartographie de Kenan Khatib et Marion Renauld

La matinée passe très vite ! Elle est dédiée à l’atelier de cartographie sensible tenu par le doctorant Kenan Khatib (PTAC) et l’artiste, auteure, Marion Renauld. La réalisation de l’œuvre collective fut passionnante. « L’atelier mobilise la cartographie comme outil subjectif, ludique et expérimental de réflexion et de création collective. Il s’appuie sur une démarche (libre et modulable), structurée autour de trois espaces d’observation : La Roche du Theil, les quotidiens de recherche et de pratique, et les terrains de recherche, qui définissent trois échelles de la carte. Les participant·e·s sont invité·e·s à produire et partager leurs approches individuelles sous forme de créations visuelles et textuelles (dessins, mots, collages) sur un support commun, afin d’interroger les connexions et les contradictions et les formes de représentation possibles » nous explique Kenan Khatib.

La toute première étape m’a particulièrement touchée : il s’agissait d’aller dehors toustes ensemble, afin de dresser la cartographie de La Roche du Theil, d’un point de vue individuel et introspectif, tout en occupant le même espace.Nous nous sommes ensuite retrouvé.es pour un moment de partage et de réflexion collective autour de cette question : « Quel est l’espace où nous nous trouvons ? » Chaque participant.e avait créé sa propre carte et parcouru son propre cheminement intérieur. Si Aya Chriki fut touchée par un jeu de symétrie sur la façade et en prit une photo, Constance Hinfray Wendenburg superposa le paysage sonore à la carte visuelle.

Plongé.es dans un même environnement en un temps limité, nos perceptions sensibles s’expriment d’une façon qui leurs sont propres. Une thèse est un terrain sensible. À travers les trois étapes de cette carte collective, des enjeux issus de nos parcours de thèse se sont ralliés à l’aide de fils de laine et surtout d’intentions bienveillantes. Cela s’est transformé en une démarche poétique et solidaire entre doctorant.es.

Le Bureau des Pleurs de Carla Adra

La conférence-interactive de l’artiste Carla Adra est le deuxième temps fort de la journée. Elle présente l’évolution de son travail, le Bureau des Pleurs, tout en échangeant avec nous. Initiée en 2019, cette œuvre est une performance. Si elle a beaucoup voyagé, sa démarche conserve tout son pouvoir d’évocation. Vous pouvez la parcourir ici : http://bureaudespleurs.org, et découvrir ses autres projets ici : https://www.carlaadra.com. 

Le déroulé classique est le suivant : l’artiste rencontre une personne pour la première fois et lui donne à entendre l’expérience d’une injustice qu’elle a vécue. Ensuite, c’est au tour de l’interlocuteur.ice de lui partager son propre témoignage. Carla Adra l’enregistre et l’incarne, répétant mot à mot l’histoire qui lui est confiée, que ce soit devant la personne rencontrée, ou en s’enregistrant. Cette performance comporte un travail de collecte qui aboutit à plus de six cent récits incarnés par l’artiste. La prochaine étape serait d’en créer une collection d’archives ou une véritable bibliothèque accessible à toustes. Cette démarche artistique résonne pleinement avec les enjeux de l’espace public soulevés par les doctorant.es et étudiant.es CAPS.

Si selon Carla Adra « le langage envoûte », il est possible de délier ce qui se trame en soi, en s’écoutant se raconter soi-même à quelqu’un d’autre. Dans cette performance, cette artiste fait irruption dans l’ordinaire d’un rapport à soi au jour le jour. Ce que nous avons appris d’elle est très précieux : c’est à travers l’attention et la bienveillance avec laquelle se tient l’écoute que tout se joue. L’artiste tire les rideaux et nous propose « un temps pour penser à soi » pendant lequel elle nous raconte son expérience. Elle nous propose d’être attentif·ve au souvenir qui pourrait en émerger. Enfin, ce fut à son tour de nous écouter.

Sans rien forcer ni exhorter à l’expression, la finesse de ce cadre d’écoute favorisea la délivrance d’une parole en peine. Le soin avec lequel elle a tissé ce moment m’a marquée. Pour la première fois, certain.es d’entre nous partagèrent une expérience racontée cent fois à d’autres avec panache et humour, sans jamais avoir été vraiment dite. Le ton n’était plus poli, mais juste. Je suis reconnaissante d’avoir vécu cette invitation proposée par Carla Adra, et je ne pense pas être la seule.

L’Atelier d’écriture d’Alice Baude et clôture

Une visite des environs boisés de la Roche du Theil a suivi, rondement menée par Henri de Sonis, le vice-président de l’association éponyme. Il nous emmène sur le point culminant du site, le « Bout du monde ». Cette balade a été la bienvenue, car nous étions toustes préssé.es de partir explorer l’environnement naturel très riche de ce lieu de retraite.

La doctorante Alice Baude (PREFICS) prend le relais et nous propose un atelier d’écriture coloré et vivant. Par tranches de cinq minutes, tout le monde est convié à se prendre au jeu d’écrire sur « ce qui nous relie ». Par exemple, nous avons dû développer un manifeste avec pour pronom personnel le « Nous », puis décrire, quitte à inviter, un moment où nous nous sommes connecté.es à quelqu’un, quelque chose, un endroit, à travers la communication non verbale. Cette belle expérience a été un moment convivial qui conclut de la plus belle manière possible cette deuxième journée des Doctoriales. C’est aussi un moment pour nous connecter les un.es aux autres à travers nos textes, afin d’accoster au rivage créatif de l’autre.

De l’intime à l’expérience du paysage, la journée a été riche en pérégrinations intérieures et entre doctorant.es. Elle s’est achevée sereinement, lorsque nous sommes sorti.es nous dégourdir les jambes à la tombée de la nuit. Je suis revenue des Doctoriales avec le sentiment que nous faisons toustes ensemble partie d’un cercle commun, et cela m’a donné tellement de joie et d’optimisme d’assister aux débuts de tant de recherches.

Photographie © EUR CAPS

DOCTORIALES CAPS 2026: What Connects Us? – Jour 1

Rendez-vous à La Roche du Theil, centre spirituel à Bains-sur-Oust. La rencontre des doctorants et doctorantes s’annonce intense et riche tout au long de ses trois journées.

©Arezki Moussi

Jour 1. Mercredi 25 MARS / « What connects Us : recherche-création, recherche-action »

L’arrivée sur le site se fait dans le calme et l’accueil à la réception est charmant. Une grande maison implantée dans un environnement verdoyant et paisible, qui invite à la contemplation et à la réflexion, idéale pour cette rencontre entre travail et partage. Nous vous présentons ci-dessous un carnet de bord de chaque journée ainsi que les activités réalisées.

« Faire du commun »

©Arezki Moussi

La journée démarre dans l’une des salles de réunion (qui sera notre laboratoire tout au long des sessions) par les mots d’introduction de Shirin, qui invite directement à ouvrir la discussion en présentant des références bibliographiques suggérées ou révélatrices de la part de chaque participant.e. A partir de la richesse et la diversité des propositions, passant par Alfred Gell, Nina Eliasoph, Mathilde Roussigné, Jean Favret-Saada, Maurice Halbwachs, Véronique Côté, pour ne citer que quelques auteurs, l’idée est de relier, de « connecter » chaque proposition à un aspect qui nous interpelle ; la matière choisie pour rendre ce lien visible est une pelote de laine qui se déroule et dont un fil passe de personne en personne, révélant une trame inattendue et évocatrice.

©Arezki Moussi
©Arezki Moussi

« L’art d’apprendre », présentation d’exposition d’art

Hélène Meisel, enseignante à l’EESAB, historienne de l’art et commissaire d’exposition, présente l’exposition « L’art d’apprendre. Une école des créateurs », présentée du 05 février au 29 août 2022 au Centre Pompidou-Metz. Le projet aborde la question de la pédagogie comme partie intégrante/inséparable d’une pratique artistique, tout en réfléchissant à de multiples modèles d’apprentissage, dans un espace de plus de 120 m² aménagé par le studio de design smarin pour accueillir divers groupes d’usagers, ainsi que des formations expérimentales, scolaires et extrascolaires.

©Arezki Moussi

Cette présentation a donné lieu à un échange intéressant sur les jardins d’enfants ou des jardins pédagogiques, et sur la manière dont ces pratiques et leurs aménagements spatiaux façonnent les dynamiques sociales et les processus d’apprentissage. Nous avons aussi discuté de comment les artistes développent des objets de transmission dans l’ambiance familiale ou mènent des interventions artistiques dans l’espace scolaire et pédagogique. Les objets pédagogiques conçus par les artistes invitent à agir et à imaginer d’autres formes de relation avec l’espace. Reste à réfléchir à la pérennité ou à la réutilisation de ces objets après la durée de l’exposition : quels financements ? Quelles applications ? Quelles sont les nouvelles démarches ?

©Arezki Moussi

« What Connects Us » édition imprimée, présentation

Les doctorant.es Lauren Tortil (PTAC), Alice Baude (PREFICS) et Kenan Khatib (PTAC) lancent l’atelier de création et de construction de la maquette de l’objet imprimé « What Connects Us », qui fonctionne comme un artefact expérimental fabriqué collectivement et donne corps aux imaginaires, aux enjeux et aux possibles autour de la notion de « connexion » et du « commun ». Au cours de ces trois journées, nous réfléchissons ensemble à ces idées et réalisons diverses activités graphiques et créatives qui feront partie intégrante de la conception de cette édition imprimée, à côté d’autres textes en format libre (allant des articles scientifiques aux images commentées, en passant par d’autres formes d’expression graphique) qui viendront compléter l’objet final.

©Arezki Moussi

« Corps Multiples : foresterie », atelier performatif

L’artiste et enseignant Jocelyn Cottencin (Université Rennes 2) nous invite à explorer la possibilité de mettre en pratique certaines questions liées au corps, à l’écologie et à l’espace. La séance commence par une brève introduction et se poursuit par un moment de préparation physique au mouvement et au déplacement. Il est essentiel de se familiariser avec les notions de torsion, de rotation, de trajectoire et de mouvement, en gardant toujours à l’esprit la vision périphérique. Ce processus d’échauffement au sol puis en marchant dans la pièce permet de poser les bases d’un corps collectif en action et en tant qu’espace.

©Arezki Moussi

Munis de bâtons de bois, nous explorons le corps comme une architecture. L’objet est une projection du corps et de l’espace. Progressivement, nous nous regroupons et nous nous connectons à ces nouveaux corps élargis et, ensemble, connectés et en mouvement continu, nous quittons la salle pour nous enfoncer dans l’espace ouvert. Ce nouvel espace en mouvement se déplace sur le terrain vivant et permet d’expérimenter de nouvelles relations avec nous-mêmes et avec l’environnement. Un nouvel écosystème se crée.

Après cette belle expérience, le déjeuner nous réunit à nouveau, cette fois autour d’un repas. Un moment convivial et de partage qui nous permet de revenir à la vie quotidienne et de discuter librement de ce qui nous relie.

« What Connect Us » édition imprimée, construction de l’objet #1

©Arezki Moussi

Atelier-Apéritif visant la fabrication collective de l’objet imprimé. La disposition circulaire des corps lors des discussions est une configuration récurrente tout au long de ces rencontres. L’idée est de faire circuler des photos prises avec nos téléphones portables respectifs, dont le thème est la prémisse de l’événement « What connects Us ». De l’image, nous passons à l’objet, lui aussi tiré de notre environnement immédiat, qui circule sous la forme de discours ou de récit. Cet échange constitue le point de départ de l’activité, qui se poursuit par une série de quatre cartes à compléter graphiquement avec les idées de ce qui nous relie dans la recherche. Enfin, une discussion autour du travail réalisé ouvre de nouvelles possibilités d’enregistrement et de matérialités pour notre objet imprimé.

©Arezki Moussi

Le soir approche et il est temps de retourner dans la salle à manger, où le dîner nous attend. Là encore, la conversation porte sur les activités de la journée ou sur toutes sortes de sujets, qu’ils soient courants ou particuliers, présents, passés ou futurs, le tout autour de l’assiette.

« Nettali Ngor », projection court-métrage

Pour terminer cette journée, la projection du documentaire « Nettali Ngor, raconte ton territoire » est proposée. Projet de recherche-création mené par Estelle Laurent, doctorante à l’Université de Rennes 2 (ESO), en partenariat avec la compagnie Keur Mame, réalisé par Suzanne Lemaréchal et écrit par Tapha Samb avec Estelle Laurent et Suzanne Lemaréchal. Cette recherche porte sur le village de Ngor, aujourd’hui une commune à part entière de la ville de Dakar au Sénégal, un des fiefs de la communauté Lébou. D’une durée de 45 minutes, le film nous invite à découvrir la géographie et les récits de ce territoire, empreint d’une forte spiritualité, qui a été profondément marqué par l’expansion urbaine et la destruction de son habitat au nom du développement économique et touristique.

@EURCAPS

À la fin de cette longue journée, nous nous retirons dans nos chambres pour nous reposer et nous préparer pour le lendemain, avec des questions, des idées et des réflexions qui, peut-être, ouvriront de nouveaux horizons pendant notre sommeil.

 

Doctoriales CAPS 2026 : What Connects Us ?

Les Doctoriales reprennent, pour une deuxième édition !

Après la réussite des premières Doctoriales, l’événement se tiendra du 25 au 27 mars prochain, et transformera le Centre spirituel de La Roche du Theil à Bain-sur-Oust, près de Redon, en un lieu de retraite intellectuelle habité et animé par les doctorant.es CAPS.

Foresterie de Jocelyn Cottencin dans le cadre de la présentation au Théâtre National de Chaillot de Lands de Jocelyn Cottencin et Emmanuelle Huynh avec des étudiant.e.s des beaux arts de Paris, 2023
Image © Diane Arques

Issu.es de plusieurs pratiques artistiques et de disciplines multiples comme la sociologie, les arts plastiques, l’histoire de l’art, la géographie et les sciences de l’information et de la communication, et situé.es à différents degrés d’avancement dans le processus de thèse, ce sera l’occasion pour les doctorant.es CAPS de « faire corps » dans une démarche collective de partage, et de réflexion commune sur ce qui les lient dans un cadre naturel propice et inspirant.

Les Doctoriales permettront d’investiguer des terrains d’exploration variés et conviviaux, autour d’enjeux et de questionnements fédérateurs, en ce qu’ils interpellent l’ensemble de leurs divers parcours en recherche-création ou en recherche-action. L’événement dressera un panorama de pratiques qui mettent en lumière ce qui peut se situer aux marges (Rancière, 2000 ; Carlsson, 2008) et les liens qui lient ces projets de recherche en cours entre eux.

À la traversée de multiples sujets, enjeux, approches et méthodes de travail, les Doctoriales concrétiseront la volonté fédératrice des doctorant.es CAPS de se réunir. Et de définir tous·tes ensemble des perspectives vers lesquelles la grande diversité de leurs recherches et de leurs cheminements de doctorant.es, se rallient.

Ces trois journées seront riches en ateliers participatifs menés par des intervenant·es extérieur·es – artistes-chercheur.euses engagé.es – telles que Jocelyn Cottencin, Carla Adra et la poétesse Marion Renauld mais aussi par les doctorant·es eux-même avec des propositions de Kenan Khatib et Guillaume Negri. Ces journées se concluront par les projections de court-métrages des doctorantes Estelle Laurent et Tali Serruya.

Jocelyn Cottencin proposera l’atelier “foresterie” issu de son projet CORPS MULTIPLES qui invite à performer différentes problématiques d’écologie politique à travers une chorégraphie collective Carla Adra présentera Bureau des Pleurs, composition initiée en 2019, qui donne à voir et à entendre 267 récits de vie que l’artiste interprète en un inventaire poétique et intime. Marion Renauld guidera les doctorant.es lors d’une réflexion introspective puis collective ‘Cultures Proches : poésie de terrain’ autour des liens que la poésie peut tisser entre les habitant.es et le paysage, l’ensemble des vivant.es, le temps et l’espace afin de faire advenir une mémoire collective qui transcende les frontières et les définitions préétablies, présupposées.

En parallèle de ces ateliers, une édition imprimée intitulée What Connects Us sera réalisée pour donner forme à la réflexion partagée et garder trace de ces Doctoriales. Coordonnée par Alice Baud, Kenan Khatib et Lauren Tortil, en discussion avec le duo de graphistes Sarah Fenrich et Mathilde Mary, cette édition bilingue (FR/EN) rassemblera une pluralité d’écritures : elle regroupera une sélection de 13 articles écrits par les doctorant·es, des images, croquis, photographies, etc. issues des ateliers ainsi qu’une écriture expérimentale donnant à voir le cheminement de pensée collectif qui se construira et se dénouera de jour en jour, lors des Doctoriales.

Thèmes des Doctoriales 2026

Mercredi 25 mars : What Connect Us : recherche-création, recherche-action

Jeudi 26 mars : Cartographie, posture de chercheur·euse, chemin emprunté

Vendredi 27 mars : Faire du lien

Le programme des Doctoriales 2026

Bibliographie indicative

  • AUBERT, Nicole. HAROCHE, Claudine (dir.), “Les tyrannies de la visibilité : Être visible pour exister ?”, Érès, Sociologie clinique, 2011.
  • AUGÉ, Marc. Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité, Paris, Fayard, Seuil, 1992.
  • BOURDIEU, Pierre. Ce que parler veut dire : l’économie des échanges linguistiques, Paris, Fayard, 2012.
  • DE CERTEAU, Michel. The Practice of the Everyday (1980), University of California Press, Berkeley, 1984.
  • CARLSSON, Chris. Nowtopia : How Pirate Programmers, Outlaw Bicyclists and Vacant-lot Gardeners are Inventing the Future Today, Oakland, AK Press, 2008.
  • DIRLIK, Arif. “Place-Based Imagination : Globalism and the Politics of place”, in Arif Dirlik and
  • Roxann Praznial, Places and Politics in an Age of Globalisation, New York, Rowman and Littlefield, 2001.
  • FOUCAULT, Michel. Surveiller et punir : naissance de la prison, Gallimard, coll. “Bibliothèque des Histoires”, 2003.
  • JAURÉGUIBERRY, Francis. “Lieux publics, téléphone mobile et civilité”, in Réseaux : communication, technologie, société, 1998, 16 (90), pp. 71 – 84.
  • JOSEPH, Isaac.”Le passant considérable : essai sur la dispersion de l’espace public”, Sociologie des formes, Librairies des Méridiens, 1984.
  • LATOUR, Bruno. “From Realpolitik to Dingpolitil or How to Make Things Public”, in Bruno Latour, Peter Weibel (eds), Making things Public. Atmospheres of Democracy, Boston, MIT Press, 2005.
  • LEFEBVRE, Henri. “The Right to the City” [1968], in Writing on Cities, London, Blackwell, 1996.
  • MITSCHERLICH, Alexander. [1971] Die Unwirtlichkeit unserer Städte. Eine Anstiftung zum Unfrieden (The In-hospitality of Cities), Francfort, M., Suhrkamp, 1999.
  • RANCIÈRE, Jacques. Le partage du sensible : esthétique et politique, Paris, La fabrique éditions, 2000.
  • SENNETT, Richard. La conscience de l’œil. Urbanisme et société, Paris, Verdier, 2009.
  • SIMMEL, George [1933], “Les grandes villes et la vie de l’esprit”, in Philosophie de la modernité, Paris, Payot, 1989, p. 233 – 264.
  • SPAIN, Daphne. Constructive Feminism : Women’s Spaces and Women’s Rights in the American City, Ithaca, Cornell University Press, 2016.
  • WACKERMANN, Gabriel. Les frontières dans un monde en mouvement, Paris, Ellipses, coll.“Carrefours”, 2005.